Changement climatique : les plantes aussi font leurs valises

Sep 27, 2021 | écrit par:

Les effets du changement climatique affectent également le monde végétal en provoquant des adaptations, qui entraînent un réel déplacement des plantes à la recherche de conditions favorables à la survie des différentes espèces. Analysons le phénomène et quelques cas particuliers.

Les reconstitutions les plus accréditées disent qu’une bombe au dioxyde de carbone est entrée dans l’atmosphère, il y a environ 56 millions d’années, créant une augmentation de la température moyenne de la terre de 7 à 14 degrés Fahrenheit. Nous appelons cet événement le maximum thermique du passage du Paléocène-Éocène (PETM en anglais).

Ellen Currano, scientifique en paléobotanique de l’Université du Wyoming, qui étudie l’effet de la chaleur du PETM sur les plantes, a trouvé des macrofossiles végétaux remontant au PETM lors d’une recherche dans le bassin de la Bighorn du Wyoming. Ces fossiles témoignent qu’une forêt de cyprès, de platanes, de noyers et autres espèces existaient dans cette région avant le PETM. Après cette période, les recherches ont montré que ce milieu a été remplacé par une forêt composée de palmiers et d’autres plantes endémiques des lieux subtropicaux. Un scénario qui pourrait se reproduire dans un avenir pas si lointain ?

Les scientifiques prédisent qu’au cours des 100 à 150 prochaines années, la température de la terre pourrait augmenter d’environ la même importance que pendant le PETM.

Réorganisation végétale ?

Une réorganisation végétale est donc très probable ; la question est comment cela se passera-t-il ? Il n’est pas facile de proposer une prévision globale, étant donné que cela pourrait intervenir de manière nette et radicale dans certaines régions de la planète, et de façon moins visible dans d’autres.

Pour donner quelques exemples : les baobabs de Madagascar traversent une grave crise. Des recherches publiées en 2013 montrent que le réchauffement climatique pourrait bientôt rendre les habitats de ces arbres inadaptés pour eux, mais également pour d’autres espèces qui ont besoin de conditions similaires. Comme le baobab, le cèdre, symbole national du Liban, est lui aussi en train de disparaître. Autrefois, cette très ancienne plante recouvrait le territoire libanais sur des milliers de kilomètres, et aujourd’hui il ne reste plus que 17 kilomètres carrés.

Les cèdres préfèrent les climats froids et à mesure que les températures augmentent, ils sont littéralement obligés de migrer à la recherche de conditions qui leur sont plus adaptées. Ayant peu d’opportunités pour rechercher des climats plus favorables en migrant vers de nouvelles latitudes, ils ont tendance à se déplacer en altitude. Mais, malheureusement ils ont peu de marge même dans ce sens, car le climat se réchauffe aussi en altitude, entraînant une prolifération d’insectes qui détruisent les feuilles des cèdres.

Ce ne sont là que quelques-uns des nombreux exemples de la réorganisation végétale, et ce n’est que le début.

Aujourd’hui, ces transformations sont sporadiques et non directement liées les unes aux autres, mais elles sont toutes les faces d’une même médaille.


 



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