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MEGA - Make Earth Great Again

Rédigé par Tommaso Ciuffoletti | Oct 23, 2026, 3:34:22 PM

Les décisions ne s’arrêtent pas aux frontières. Notre responsabilité non plus.

L’administration Trump a démantelé des programmes de coopération internationale et engagé le retrait des États-Unis d’organismes essentiels à la coopération climatique. Les conséquences de ces décisions touchent aussi des personnes qui vivent loin des États-Unis et qui n’ont aucun moyen de les influencer par le vote.
C’est pourquoi, à l’approche des élections de mi-mandat, nous avons décidé de planter 470 arbres et d’écrire aux nouveaux membres du Congrès américain. Nous voulons leur rappeler qu’un arbre planté à l’autre bout du monde peut profiter à tout le monde, y compris à celles et ceux qui ne l’ont pas planté.

Un arbre planté au Kenya, au Guatemala ou au Népal peut contribuer à régénérer un écosystème, absorber du CO₂ et soutenir le travail des communautés agricoles qui en prennent soin. Les bénéfices de cet arbre ne dépendent pas des convictions politiques des personnes qui en profitent et ne s’arrêtent pas aux frontières du pays où il a été planté.

C’est une idée simple, mais importante : nombre des défis environnementaux et sociaux qui façonnent notre avenir ne peuvent être relevés à l’intérieur des frontières d’un seul pays. Et les décisions des dirigeants des grandes puissances peuvent profondément affecter la vie de personnes qui n’ont pas participé à ces décisions et ne peuvent pas voter pour les changer.

C’est l’idée qui est au cœur de Make Earth Great Again, la campagne que nous avons lancée à l’approche des élections américaines de mi-mandat du 3 novembre 2026. Nous ne soutenons aucun candidat ni aucun parti politique. Nous voulons attirer l’attention sur les conséquences mondiales des décisions politiques concernant l’environnement, le climat et la coopération internationale, et rappeler que même lorsque nous ne pouvons pas voter, il existe d’autres façons de faire entendre notre voix.

Quand le désengagement d’un gouvernement devient un problème pour tous

Ces dernières années, et tout particulièrement depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, les États-Unis ont pris une série de décisions qui réduisent leur engagement en faveur de la coopération internationale et de la lutte contre le changement climatique. Il ne s’agit pas simplement de changements dans la politique intérieure américaine : compte tenu du poids économique, diplomatique et scientifique du pays, ces décisions peuvent avoir des conséquences considérables et tragiques dans le monde entier.

Sur notre blog, nous avons examiné deux aspects de ce changement. Dans notre reportage The End of US Aid: Condemning Millions to Death in Silence, nous revenons sur le démantèlement de l’USAID, l’Agence des États-Unis pour le développement international, engagé par la seconde administration Trump. Dans The Day the US Withdrew from Climate Action Too, nous analysons le retrait des États-Unis des cadres de coopération climatique internationale.

Le cas de l’USAID montre particulièrement clairement les conséquences humaines de ces décisions. Une étude publiée dans The Lancet en 2025 a estimé qu’entre 2001 et 2021, les programmes financés par l’agence avaient contribué à éviter plus de 91 millions de décès dans 133 pays à revenu faible ou intermédiaire, dont environ 30 millions d’enfants de moins de cinq ans.

La même étude a modélisé les effets des réductions drastiques de financement annoncées et mises en œuvre en 2025. Si ces coupes se poursuivent, elles pourraient entraîner plus de 14 millions de décès supplémentaires, dont environ 4,5 millions d’enfants de moins de cinq ans, d’ici 2030. Il s’agit de projections scientifiques, et non de décès déjà survenus : elles décrivent le risque lié à la poursuite des coupes budgétaires, pas un bilan confirmé. Mais l’ampleur des conséquences envisagées ne fait aucun doute.

Derrière ces chiffres se trouvent des programmes de santé et des interventions contre le VIH/sida, le paludisme et la tuberculose, ainsi que des aides à la nutrition, aux soins maternels et infantiles et à la sécurité alimentaire. Les auteurs de l’étude estiment que, pendant la période analysée, les financements de l’USAID ont été associés à une baisse de 65 % de la mortalité liée au VIH/sida, de 51 % de celle due au paludisme et de 50 % de celle liée aux maladies tropicales négligées.

La suppression de ces financements risque d’anéantir des décennies de progrès en santé publique, avec un coût humain qui pèserait avant tout sur les populations les plus vulnérables. Il ne s’agit donc pas simplement de fermer une agence ou d’annuler des programmes. C’est une décision politique qui, selon les estimations publiées dans l’une des revues médicales les plus reconnues au monde, pourrait coûter la vie à des millions de personnes.

Le désengagement des États-Unis en matière de climat soulève une question similaire, même si les mécanismes sont différents. Le changement climatique ne s’arrête pas aux frontières nationales : les émissions, le réchauffement des océans, les phénomènes météorologiques extrêmes et la dégradation des écosystèmes ont des effets qui se propagent dans le monde entier. La participation des États-Unis aux accords et aux organismes internationaux est essentielle, précisément parce que le pays compte parmi les plus grandes économies du monde et joue un rôle décisif dans les politiques énergétiques et climatiques.

C’est le point que nous voulons souligner : les décisions politiques ont des conséquences qui dépassent largement celles et ceux qui les prennent et les soutiennent, en particulier lorsqu’elles émanent d’une puissance comme les États-Unis, dont le poids économique, politique et diplomatique façonne les équilibres mondiaux. Lorsque Washington réduit l’aide internationale ou se retire des cadres de coopération climatique, les effets ne se limitent pas aux citoyens américains : ils touchent des communautés, des institutions et des territoires partout dans le monde. Et lorsque ces décisions concernent le climat, les écosystèmes ou l’accès aux ressources essentielles, aucune frontière nationale ne peut véritablement en contenir les conséquences.

Nous ne pouvons pas voter, mais nous voulons faire entendre notre voix.

Le 3 novembre 2026, les États-Unis organiseront les élections de mi-mandat, qui ont lieu à mi-parcours du mandat présidentiel et peuvent modifier l’équilibre des pouvoirs au Congrès. Cette année, les 435 sièges de la Chambre des représentants et 35 des 100 sièges du Sénat seront en jeu : 470 sièges au total.

Pour celles et ceux d’entre nous qui vivent en dehors des États-Unis, ces élections soulèvent une question concrète. Nous ne pouvons pas participer au vote, mais les décisions du Congrès américain peuvent affecter nos vies, l’avenir des communautés les plus exposées aux conséquences du changement climatique et les ressources consacrées à la coopération internationale.

C’est ainsi qu’est née l’idée de Make Earth Great Again : transformer un événement politique américain en une occasion de porter un message qui n’appartient à aucun parti, mais qui concerne tout le monde.

Notre objectif est de planter au moins 470 arbres, un pour chaque siège en jeu. Si nous atteignons cet objectif, nous enverrons une lettre à chaque nouveau membre élu du Congrès, pour lui rappeler que ses décisions auront des conséquences au-delà des frontières des États-Unis.

Nous ne voulons pas dire aux électeurs américains pour qui voter, ni prétendre proposer une solution politique unique à des problèmes complexes. Nous voulons plutôt attirer l’attention sur une responsabilité commune : toute personne exerçant une fonction publique — surtout dans un pays qui exerce une telle influence sur les affaires mondiales — devrait aussi prendre en compte les répercussions internationales de ses décisions.

Un arbre aussi pour celles et ceux qui ne partagent pas nos opinions

 

Planter un arbre ne suffira pas à résoudre la crise climatique, à remplacer les politiques publiques ni à compenser automatiquement les conséquences de mauvaises décisions. Mais lorsqu’il s’inscrit dans un projet d’agroforesterie à long terme, un arbre peut contribuer à restaurer les terres, favoriser la biodiversité, protéger les sols et compléter les activités agricoles des communautés locales.
C’est sur ce type d’action concrète que repose notre travail. Ses bénéfices peuvent être partagés par des personnes qui vivent dans des lieux différents, ont des parcours différents et ne sont pas nécessairement d’accord sur les choix politiques.

C’est pourquoi nous avons décidé de planter un arbre pour chacun des 470 sièges en jeu, sans distinction entre partis, orientations politiques ou candidats. Cette campagne ne soutient aucun candidat. Elle affirme que la responsabilité environnementale — et les conséquences des décisions publiques — doit aussi être envisagée du point de vue de celles et ceux qui en subiront les effets loin du lieu où elles sont prises.

La lettre que nous adresserons aux nouveaux membres du Congrès exprime précisément cette idée. Nous ne leur demanderons pas d’être d’accord avec nous sur tout. Nous leur demanderons de prendre en compte la portée mondiale de leurs décisions, car le climat, les écosystèmes et les conditions de vie des populations ne peuvent être enfermés dans une seule législature ou un seul pays.

La lettre se terminera par une phrase toute simple : « Après tout, nous avons aussi planté un arbre pour vous. »

Ce n’est pas une provocation personnelle. C’est précisément le sens de l’initiative : un arbre peut produire des bénéfices qui ne profitent pas exclusivement à la personne qui l’a acheté ou a soutenu sa plantation. Il peut contribuer à la restauration de l’environnement et soutenir les personnes qui en prennent soin, quelles que soient les opinions politiques de celles et ceux qui en bénéficieront ailleurs.

470 arbres pour faire passer un message

Make Earth Great Again repose sur la conviction que les enjeux environnementaux ne peuvent être dissociés des choix politiques et des responsabilités des personnes au pouvoir. Et lorsque ces choix ont des conséquences mondiales, les réponses peuvent et doivent, elles aussi, dépasser les frontières nationales.

Nous ne pouvons pas voter aux élections américaines. Mais nous pouvons participer à une initiative qui met en lumière les effets des décisions publiques sur la planète et ses habitants. Nous pouvons contribuer à planter 470 arbres et, si nous atteignons notre objectif, faire parvenir notre message aux nouveaux membres du Congrès.

La campagne ne prétend pas qu’un geste individuel puisse remplacer les politiques nécessaires pour relever les grands défis de notre époque. Elle veut plutôt rappeler qu’il existe des moyens concrets de soutenir la restauration de l’environnement et de prendre position sur le rôle que joue la politique dans la mise en place des conditions nécessaires.

Un arbre planté à l’autre bout du monde peut contribuer au bien commun. C’est pourquoi nous en planterons aussi un pour celles et ceux qui prennent des décisions que nous ne pouvons pas influencer directement. Nous partageons tous la même planète. Et nous avons aussi planté un arbre pour vous.

Voici la lettre que nous enverrons.

Madame la Représentante, Monsieur le Représentant,

Félicitations pour votre élection au Congrès des États-Unis.

Nous vous écrivons depuis l’Italie. Nous ne faisons peut-être pas partie de votre électorat et nous ne partageons peut-être pas vos opinions politiques. Mais nous avons certainement quelque chose en commun : la planète que nous appelons tous notre maison.

Les décisions que vous et vos collègues du Congrès prendrez en matière de climat et d’environnement auront des conséquences bien au-delà des frontières des États-Unis. Elles affecteront des personnes, des écosystèmes et des communautés partout dans le monde, y compris nous. Même si nous ne pouvons pas voter pour vous, nous avons donc une raison de faire entendre notre voix.

C’est pourquoi, à l’occasion des élections de mi-mandat, nous nous sommes fixé un objectif : planter au moins 470 arbres, un pour chaque siège disputé au Congrès, et peut-être même quelques-uns de plus.

Ces arbres sont bien plus qu’un geste symbolique. Ils sont plantés dans le cadre de projets qui soutiennent les communautés locales et les familles d’agriculteurs. En grandissant, ils contribueront à restaurer les écosystèmes et à absorber le CO₂ de l’atmosphère. Leurs bénéfices ne s’arrêteront pas aux frontières des pays où ils sont plantés : ils nous profiteront à tous. À vous aussi.

Nous avons planté ces arbres pour transmettre un message simple : les conséquences de nos actes ne s’arrêtent pas aux frontières que nous traçons sur les cartes. Notre sens des responsabilités ne devrait pas s’y arrêter non plus.

Nous ne vous demandons pas d’être d’accord avec nous sur tout. Nous voulons simplement vous rappeler que, lorsqu’il s’agit de l’avenir de la planète, nous sommes tous du même côté, que nous en ayons conscience ou non.

Alors que vous vous apprêtez à commencer votre mandat, nous espérons que vous penserez aussi aux personnes qui vivent en dehors de votre circonscription, mais qui subiront elles aussi les conséquences de vos décisions.

Après tout, nous avons aussi planté un arbre pour vous.

Nous espérons qu’il vous fera du bien.

Et nous espérons que vous contribuerez à ce qu’il fasse aussi du bien aux générations futures.

Bien cordialement,
L’équipe Treedom
Make Earth Great Again